| Country: Sudan Source: International Committee of the Red Cross Port Sudan (ICRC) – Three years since the start of the armed conflict in Sudan, thousands of families are searching for loved ones they have become separated from while fleeing the fighting. Le nombre de dossiers de personnes disparues enregistrés par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) au Soudan a dépassé les 11 000 cas, avec une augmentation de plus de 40% rien que l’année dernière. De tels chiffres illustrent de manière frappante le coût humain des conflits prolongés. Le mouvement des lignes de front a provoqué le déplacement de plus de 11 millions de personnes, parfois à plusieurs reprises. Quatre millions d’entre elles ont quitté le pays, en quête de sécurité à l’étranger. Du fait de la destruction de multiples réseaux de communication, d’innombrables familles ont perdu le contact avec leurs proches. L’incertitude quant à leur sort engendre des souffrances psychologiques profondes et durables. « Mes enfants n’ont pas oublié leur père », affirme Om Omar, mère de quatre enfants dont le mari a disparu il y a plus de deux ans. « Mon fils aîné pleure et me pose des questions sur lui. Lorsque des détenus ont été libérés, les enfants attendaient devant la télévision dans l’espoir de voir leur père. » La famille explique passer au crible les listes des personnes disparues et détenues diffusées sur les réseaux sociaux. « Nous espérons recevoir de bonnes nouvelles à son sujet et savoir où il se trouve, qu’il soit détenu ou non. Nous espérons que quelqu’un pourra nous dire où il est. » Malgré d’immenses difficultés, des centaines de familles sont parvenues à reprendre le contact avec leurs proches en 2025 : plus de 560 000 appels téléphoniques ont été facilités par le Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge au Soudan, mais aussi en Égypte, au Soudan du Sud et au Tchad. Le rétablissement des liens familiaux constitue l’un des piliers de la réponse conjointe menée par le CICR et le Croissant-Rouge soudanais face à ce qui est devenu l’une des urgences humanitaires les plus graves au monde – et pourtant l’une des moins visibles. Le CICR œuvre également à promouvoir la connaissance et le respect du droit international humanitaire (DIH) dans un conflit marqué par une violation généralisée des règles de la guerre. Dans les zones de conflit du Soudan, entre 70 et 80% des infrastructures de santé sont non opérationnelles ou manquent cruellement de ressources. Près de 70% de la population dépend de l’agriculture et du bétail, aujourd’hui gravement affectés. Conjuguées à la perte de leurs biens et aux déplacements répétés, ces pressions amenuisent la capacité des personnes à faire face à la situation et à reconstruire leurs vies. De même, bien qu’elles soient strictement interdites par le DIH, les violences sexuelles demeurent parmi les conséquences les plus dévastatrices et les moins visibles du conflit. La stigmatisation et la crainte du rejet empêchent de nombreuses victimes de signaler les faits, dissimulant ainsi l’ampleur du phénomène et prolongeant les souffrances des personnes survivantes. Dans le même temps, les communautés soudanaises sont aux avant-postes de la réponse humanitaire. En dépit des défis considérables auxquels elles font face, les personnes continuent à se soutenir mutuellement, à partager leurs ressources et à maintenir des réseaux communautaires essentiels, contribuant ainsi à préserver la vie et la dignité dans des conditions extrêmement précaires. Cette solidarité du quotidien témoigne à la fois de l’ampleur des besoins et de la détermination des personnes les plus affectées, qui en subissent les conséquences les plus lourdes, comme les 22 bénévoles du Croissant-Rouge soudanais qui ont perdu la vie depuis le début de la guerre alors qu’ils portaient assistance à d’autres. « Les souffrances provoquées par la guerre ont atteint des niveaux de détresse sans précédent pour les civils, notamment en raison de son impact sur les infrastructures essentielles telles que les marchés, les hôpitaux, les installations de traitement de l’eau et les centrales de production d’énergie. Nous le voyons dans les États du Darfour, du Kordofan, du Nil blanc, du Nil bleu, de Khartoum et du Nord. À un moment ou à un autre, l’ensemble du pays a été touché par des attaques aveugles », rapporte Daniel O’Malley, responsable du CICR au Soudan. « Il appartient aux personnes directement impliquées dans le conflit, ainsi qu’à celles exerçant une influence directe, de mettre fin aux hostilités ou de favoriser leur résolution. Le coût de l’inaction aujourd’hui sera insoutenable demain. » Aujourd’hui, le CICR a publié un rapport humanitaire qui se concentre sur trois domaines dans lesquels la protection des civils est à la fois urgente et réalisable : la préservation des infrastructures critiques qui permettent d’assurer les services essentiels ; la situation des personnes séparées de leur famille, disparues ou détenues, ainsi que le traitement digne des personnes qui ont trouvé la mort ; la prévention et la réponse aux violences sexuelles. Informations complémentaires : Adnan Hezam, CICR Port-Soudan, tél. : +249 100 999 477 | +249 900 940 377, e-mail [email protected] Mateo Jaramillo, CICR Nairobi, tél. : +254 716 897 265, e-mail [email protected] Jean-Yves Clémenzo, CICR Genève, tél. : +41 79 251 93 02, e-mail [email protected] |