Country: Chad Sources: International Organization for Migration, UN Children’s Fund, UN High Commissioner for Refugees, UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs, World Food Programme, World Health Organization Please refer to the attached file. RESUME EXECUTIF Trois ans après le déclenchement du conflit armé au Soudan (15 avril 2023), l’Est du Tchad demeure l’une des zones les plus durement touchées par ses conséquences humanitaires. Le pays accueille aujourd’hui plus de 1,3 million de réfugiés soudanais — dont près de 920 000 arrivés depuis 2023 — ainsi que plus de 390 000 retournés tchadiens. Cela fait du Tchad le premier pays d’accueil de réfugiés en Afrique. Parmi eux, 87% sont des femmes et des enfants, ce qui crée des besoins spécifiques en matière de protection, de santé reproductive et de nutrition. Dans les provinces de l’Est (Ouaddaï, Wadi-Fira, Sila, Ennedi Est), une personne sur trois est réfugiée selon le Haut-Commissariat des Nations Unis pour les réfugiés (HCR), ce qui exerce une pression sans précédent sur des services sociaux de base déjà fragilisés. Une évaluation multisectorielle conduite en mars 2024 révèle que les communautés hôtes de l’Est font face à des niveaux de sévérité critique en eau, sécurité alimentaire et santé-nutrition, avec 96 % des communautés signalant des cas de malnutrition aigüe. Entre 2023 et 2025, l’Est du Tchad est passé d’une urgence aiguë à une crise chronique marquée par des chocs sanitaires épidémiques successifs - tel que le choléra - une pression extrême sur le système de santé et un sous-financement structurel persistant. Malgré la solidarité exemplaire des autorités tchadiennes et des communautés hôtes, la réponse humanitaire reste gravement entravée par un déficit de financement critique. À ce jour, seulement 215 millions de dollars ont été mobilisés sur les 986 millions requis dans le Plan de réponse humanitaire 2026 — soit environ 21% des besoins couverts. Ce déficit de financement menace directement des millions de vies et compromet la capacité collective à répondre à l’ampleur de la crise. À l’occasion de ce troisième anniversaire, la communauté humanitaire, agissant d’une seule voix, lance un appel pressant à la communauté internationale pour qu’elle renforce, de toute urgence, son soutien financier, politique et opérationnel en faveur du Tchad. Il est impératif d’adapter et de consolider collectivement les stratégies de réponse et de résilience dans l’Est du Tchad, afin de répondre à la hauteur d’une crise qui ne montre aucun signe d’essoufflement. 1. CONTEXTE : UNE CRISE REGIONALE PROLONGEE Le conflit au Soudan, opposant depuis avril 2023 les Forces armées soudanaises (SAF) et les Forces de soutien rapide (RSF), a provoqué l’une des plus grandes crises de déplacement au monde, avec plus de 14 millions de personnes déplacées de force, dont plus de 4,4 millions de réfugiés dans les pays voisins (1,3 million au Tchad). En raison de sa proximité géographique, des frontières historiquement ouvertes et de liens communautaires transfrontaliers, le Tchad est devenu un refuge majeur, notamment pour les populations fuyant la région soudanaise du Darfour. Les arrivées se poursuivent encore en 2026, alimentées par la persistance des violences au Soudan, notamment autour de la ville d’El-Fasher. Les femmes et les filles refugiées sont particulièrement vulnérables aux violences sexuelles et aux mariages précoces utilisés comme mécanisme de survie dans un contexte de crise prolongée. Depuis le début de la crise, le Gouvernement du Tchad et les communautés hôtes ont fait preuve d’une solidarité et d’une générosité remarquables, maintenant des frontières ouvertes et partageant des ressources déjà limitées avec les populations déplacées. Cet engagement humanitaire, exemplaire à l’échelle régionale,

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