Country: Haiti Source: International Organization for Migration Please refer to the attached file. Depuis quelques années, Haïti, est affecté par des violences armées, notamment dans sa capitale, la Zone Métropolitaine de Port-au-Prince (ZMPP), ainsi que plus récemment dans les départements du Centre et de l’Artibonite, qui ont entraîné d’importants déplacements de population. Plus de 1,45 millions de personnes sont déplacées internes dans le pays. Bien que la majorité des personnes ayant fui les violences dans la ZMPP se soient réfugiées dans les quatre départements du Grand Sud (Grande’Anse, Sud, Sud-Est et Nippes) ainsi que dans le département du Nord, un nombre important d’entre elles est resté dans la capitale, principalement au sein de sites spontanés. La ZMPP compte plus de 290 000 personnes déplacées internes (PDIs), soit 20 pour cent de l’ensemble des PDI du pays. Près de sept personnes déplacées sur dix (68%) dans la ZMPP résident dans des sites spontanés2 — écoles, églises et espaces publics — où elles vivent dans des conditions précaires, exposées à de multiples risques sanitaires et de protection. En novembre 2024 puis en février 2025, des attaques majeures ont eu lieu dans les quartiers du Bas Delmas et du Haut Port-au-Prince – dont Solino, Nazon, Sylvio Cator, Delmas 13, 19, 17, 28, etc. – provoquant des déplacements massifs de population et la création de dizaines de sites spontanés dans la capitale.3 Après ces attaques le nombre total de PDI dans la ZMPP était passé de 173 156 en septembre 2024 à 296 936 en juin 20254. Fin 2025, des retours prudents des populations déplacées de ces zones ont commencé à être observés après le départ des groupes armés qui les occupaient, bien que la majorité d’entre elles résident encore aujourd’hui dans des sites spontanés. Une enquête d’intentions réalisée fin 2025 par l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) a révélé que la majorité des PDI résidant dans les sites de la capitale avaient soit l’intention de retourner dans leur zone d’origine (39%), soit étaient encore indécises (23%), ce qui témoigne d’une attente de conditions favorables dans les zones de retour pour y rentrer, contrairement aux PDI réfugiées en provinces, dont la plupart (57%) n’avaient pas l’intention de retourner dans leur zone d’origine. Ce rapport résulte des évaluations rapides menées dans ces quartiers du Bas Delmas et du Haut Port-au-Prince, où les dynamiques de retour ont commencé à être observées. Il vise à comprendre l’ampleur de ces retours, les profils des ménages retournés, leurs besoins multisectoriels ainsi que l’accès à différents services, afin d’orienter les stratégies d’appui à ces retours et de favoriser ceux des autres PDI originaires de ces quartiers, qui résident encore dans des sites spontanés ou au sein de familles d’accueil. Les analyses présentées dans ce rapport soulignent la nécessité de stratégies de réponse intégrées, alliant interventions humanitaires de transition, de développement et de consolidation de la paix pour garantir la pérennité des retours observés. Les résultats clés indiquent que : 19 949 personnes retournées présentes dans les quartiers du Bas Delmas et Haut Port-au-Prince, dont 55 pour cent des femmes et 28 pour cent d’enfants. 67% des ménages retournés étaient accueillis dans les communautés d’accueil avant leur retour, et 33 pour cent étaient accueillis dans des sites. Pourtant, une grande partie des personnes ayant quitté le Bas Delmas et Haut Port-au-Prince s’étaient réfugiées dans des sites spontanés lors de leur déplacement. Ceci indique ainsi que la majorité des résidents de ces zones ne sont pas encore rentrés et résident encore dans des sites spontanés. 28% des ménages retournés ne sont pas retournés avec la totalité de leurs membres, principalement à cause des conditions de logement précaires dans la zone de retour (47%) et la situation sécuritaire jugée encore incertaine (31%) 68% des ménages retournés souhaitent rester dans leur zone de retour. Cependant, les facteurs principaux évoqués pour qu’ils continuent d’y rester sont la présence des forces de sécurité étatiques (77%), la réhabilitation ou construction des abris (54%), l’accès aux moyens de subsistance (47%) et la présence des services de santé (34%). 15% des ménages retournés ont rapporté la présence des tensions communautaires principalement dues à un climat de méfiance généralisée entre les individus (72%), à la concurrence pour l’accès à l’eau (59%) et à l’accès à la terre ou aux abris (39%). Ceci souligne l’importance de promouvoir la cohésion sociale pour garantir la pérennité des retours. 9% des ménages retournés ont indiqué restreindre leurs mouvements, notamment en raison de la peur pour leur sécurité lors des déplacements (65%), la présence des points de contrôle tenus par des acteurs armés (33%) et des discriminations liées à leur statut de déplacement (20%) 32% des ménages retournés ont indiqué vivre avec la crainte de violence de toutes sortes; 23 pour cent redoutent d’être à nouveau obligés de fuir leur domicile; 14 pour cent craignent d’être victimes des violences sexuelles, abus ou exploitations; 13 pour cent s’inquiètent des persécutions et 12 pour cent des enlèvements. 7% des ménages retournés ont déclaré avoir des enfants ne vivant pas actuellement avec eux et dans la moitié des cas c’est parce que ces derniers ont été envoyés chez des proches lors du déplacement. 17% des ménages sont retournés dans leur quartier d’origine mais pas dans leur habitation d’avant déplacement, principalement parce que celle-ci est endommagée (40%), détruite (30%) ou occupée par d’autres personnes, soulignant la nécessité de mécanismes de résolution des litiges liés à l’occupation des abris, d’autant plus que la grande majorité des personnes déplacées n’est pas encore rentrée, et que ces litiges risquent de s’accentuer à mesure que le nombre de retournés augmente. 12% des ménages craignent d’être expulsés de leur logement dans les six prochains mois, principalement en raison de l’incapacité à payer le loyer. Il est à noter que 52 pour cent des ménages sont propriétaires de leur abri et 41 pour cent sont locataires. 46% des ménages ont rapporté faire face au manque d’éclairage comme problème majeur dans leur abri et 42 pour cent ont signalé des fuites en cas de pluie. 58% des ménages ayant consenti à répondre aux questions sur la santé mentale ont déclaré avoir ressenti le besoin de solliciter un soutien psychologique. Cependant, la majorité d’entre eux (66%) n’ont pas tenté de trouver ce soutien. Et parmi les 34 pour cent qui en ont cherché, une faible proportion (14%) s’est adressée à un professionnel de la santé mentale. Le soutien a surtout été recherché auprès d’amis ou de membres de famille (71%). 91% des ménages retournés ont déclaré avoir manqué des ressources pour se procurer de la nourriture durant le dernier mois, et 68 pour cent ont indiqué avoir passé une journée entière ainsi que la nuit sans rien manger. Les achats à crédit sont la source principale utilisée pour se procurer de la nourriture (66%). Le déplacement a profondément affecté les sources de revenus des ménages. La part de ceux vivant du commerce a chuté de 49 pour cent avant le déplacement à 20 pour cent actuellement, et celle des salariés de 18 à 7 pour cent. En parallèle, des sources plus précaires ont augmenté : le recours aux prêts entre proches a doublé (passant de 25 à 52 %) et le travail occasionnel a progressé (de 28 à 35 %). Parmi les infrastructures communautaires évaluées, les écoles et les structures de santé sont les plus gravement touchées par des dégâts : 46 pour cent d’écoles évaluées sont endommagées et 14 pour cent détruites. Des proportions similaires sont observées pour les structures de santé : 48 pour cent sont endommagées et 12 pour cent détruites. Les points d’eau ont également subi des dégâts considérables, avec 38 pour cent d’endommagés et 6 pour cent de détruits. Les dommages et destructions sont particulièrement concentrés dans les quartiers Cité Numéro 1, Cité Numéro 2, Sylvio Cator – Delmas 28, Delmas 13 (dans la commune de Delmas), ainsi que Solino, Ti Cherie, Cité Marc 1, Cité Marc 2, Nord Alexis et Nazon (dans la commune de Port-au-Prince).

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