Country: Burundi Source: Famine Early Warning System Network Please refer to the attached file. Messages clé Les Dépressions de l’Est et du Nord, des Plateaux Secs de l’Est et de la Plaine de l’Imbo devraient demeurer en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC) jusqu’en septembre. Bien que l’arrivée des récoltes de la saison B en juin améliore temporairement l’accès des ménages à la nourriture et aux revenus, cette amélioration sera limitée par des récoltes localement inférieures à la moyenne, des prix alimentaires élevés et persistants et les pressions sur les marchés dues à une forte demande dans les zones accueillant d’importantes populations de réfugiés et de rapatriés. Les possibilités des revenus des ménages restent limitées par la fermeture continue de la frontière avec le Rwanda depuis janvier 2024, ainsi que par les restrictions d’accès à la République Démocratique du Congo (RDC). Par ailleurs, la concurrence sur le marché du travail demeure exceptionnellement forte en raison de l’afflux important de réfugiés et du retour massif de Burundais rapatriés. En conséquence, le pouvoir d’achat des ménages reste faible, limitant leur accès à la nourriture alors qu’ils demeurent fortement dépendants des achats sur les marchés. Les récoltes de la saison B devraient être globalement proches de la moyenne dans la plupart des régions, grâce à la production de tubercules et de bananes qui compensent en grande partie les pertes importantes de récoltes de haricots à la suite des déficits pluviométriques observés entre la fin mars et la mi-avril. Le haricot représente environ 25 à 30 pour cent de la production nationale de la saison B et près de 50 pour cent dans les régions du Nord. Les pertes les plus importantes ont été enregistrées dans les Dépressions du Nord, où la production est estimée à environ 40 pour cent en dessous de la moyenne. Les pertes sont également estimées entre 15 et 20 pour cent dans les Dépressions de l’Est et autour de 10 pour cent dans les Plateaux Secs de l’Est. Les pénuries d’engrais et le coût élevé des intrants agricoles, liés à la disponibilité limitée des devises étrangères et au conflit au Moyen-Orient, ont également contribué à la baisse de la production agricole. Depuis mars 2026, les importations de carburant vers le Burundi ont fortement diminué en raison du conflit au Moyen-Orient, contribuant à la hausse des prix du carburant et des denrées alimentaires. Les importations d’essence et de diesel devraient rester à des niveaux exceptionnellement faibles au moins jusqu’en septembre. L’aggravation de la pénurie de carburant devrait accroître davantage les coûts de transport et exercer des pressions supplémentaires à la hausse sur les prix alimentaires. Cette situation a également engendré des disparités de prix inhabituels entre les régions, avec des prix relativement plus faibles dans les zones excédentaires de production et nettement plus élevés dans les marchés urbains et périurbains déficitaires. Les prix du charbon de bois, en particulier, ont doublé, voire triplé, dans certaines zones urbaines. En avril, les prix alimentaires ont poursuivi leur tendance saisonnière à la hausse et sont restés largement supérieurs à leur moyenne quinquennale. La plupart des produits alimentaires ont augmenté d’environ cinq pour cent par rapport à mars, tandis que les prix du haricot ont bondi de 30 pour cent au niveau national et de près de 50 pour cent dans les zones urbaines. Cette hausse s’explique par l’épuisement des stocks de la saison A, marquée par une production inférieure à la moyenne, ainsi que par la spéculation sur les prix liées aux pertes de récolte des haricots de la saison B. Par rapport à l’année précédente, les prix de la plupart des produits alimentaires étaient de 5 à 20 pour cent plus élevés, à l’exception du maïs dont le prix était inférieur d’environ 10 pour cent grâce à des stocks moyens issus des Saisons 2026 A et C. Comparés à la moyenne quinquennale, les prix des denrées de base demeuraient particulièrement élevés, variant de 20 à 70 pour cent au-dessus de la moyenne. Cette persistance des prix élevés est due à l’augmentation des coûts des intrants agricoles et du transport des produits des zones de production vers les marchés. L’assistance monétaire aux réfugiés et aux rapatriés a également accentué l’inflation dans les localités accueillant ces populations, notamment dans les Dépressions de l’Est et les Plateaux Secs de l’Est. En avril 2026, le PAM a assisté près de 975 000 bénéficiaires malgré des contraintes de financement persistantes. Environ 151 000 réfugiés ont reçu 75 pour cent de leurs besoins alimentaires quotidiens minimaux à travers une assistance combinant vivres et transferts monétaires, tandis que les rapatriés ont bénéficié d’une assistance monétaire équivalente à 50 pour cent de leurs besoins alimentaires minimaux pendant trois mois. Le rythme du rapatriement des réfugiés burundais en provenance de Tanzanie a ralenti en avril 2026, avec 11 397 rapatriés assistés par le PAM, contre 26 194 en mars et 24 944 en février. Environ 40 000 rapatriés devraient encore quitter la Tanzanie d’ici juillet 2026. Selon certaines rapports, certains réfugiés expulsés de Tanzanie cherchent désormais l’asile en Ouganda, au Kenya et au Rwanda, ce qui pourrait réduire le nombre de rapatriés attendus au Burundi. Le PAM a également fourni une assistance nutritionnelle à 9 105 bénéficiaires en avril, dont 6 565 enfants et 2 540 femmes enceintes ou allaitantes, principalement dans le camp de réfugiés de Busuma, ainsi qu’à 914 personnes admises dans des services de traitement de la malnutrition.